Photo de Christophe GRODENT

Comment êtes-vous arrivé à votre poste actuel ? 

Après des études d’Ingénieur Civil en électromécanique de l’ULiège (promo 1988), je suis passé progressivement d’un univers strictement technique à des fonctions davantage orientées vers les aspects financiers et commerciaux, en accord avec ma personnalité. J’ai d’abord été responsable du programme « essais environnementaux », avant de devenir Directeur Commercial en 2021.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler dans le domaine spatial ?

C’est avant tout le fruit d’un concours de circonstances. En 1993, alors que je travaillais dans le secteur automobile, j’ai perdu mon emploi. L’entreprise Spacebel m’a alors offert une opportunité. J’y ai découvert un univers où l’on rencontre des personnes passionnées et inspirantes, et où l’on repousse sans cesse les limites technologiques dans des domaines variés : optique, mécanique, électronique, thermique.

On y apprend continuellement grâce aux échanges tissés à l’échelle internationale. Je n’ai plus quitté ce secteur depuis près de 35 ans.

Pouvez-vous nous décrire votre journée typique ?

Aucune journée ne se ressemble. Mon activité est rythmée par une grande diversité de tâches : revues de projets, élaboration d’offres tarifaires, rédaction de contrats, échanges avec les clients… Sans oublier les nombreux déplacements à l’étranger.

« J’y ai découvert un univers où l’on rencontre des personnes passionnées et inspirantes, et où l’on repousse sans cesse les limites technologiques. »

Quelle est la partie la plus intéressante de votre travail ?

Il y en a, fort heureusement, un grand nombre. Nous sommes en interaction constante, aussi bien avec nos collègues qu’avec des clients, qu’ils soient déjà partenaires ou en devenir.

Ce qui me passionne le plus, c’est de cerner précisément le besoin d’un client pour une mission spatiale, d’échanger et d’affiner la réflexion avec lui, de proposer une solution adaptée, puis de négocier jusqu’à concrétiser le lancement d’un projet.

C’est le début d’une belle aventure, d’un défi qui peut s’étendre sur plusieurs années et contribuer à faire vivre le travail de mes collègues.

Y-a-t-il des éléments de votre vie professionnelle que vous n’aimez pas ?

La fonction peut parfois être source de stress, pas toujours simple à gérer. Par ailleurs, les contraintes documentaires, administratives et normatives peuvent freiner une approche de travail plus pragmatique et efficace.

Quel est le moment le plus marquant de votre carrière jusqu’à présent ?

Il y en a énormément en 35 ans de carrière. Je pense notamment aux relations amicales nouées aux quatre coins du monde – en Europe, en Corée, à Taïwan, aux États-Unis, au Canada, au Brésil…

Mais s’il faut retenir un moment en particulier, ce serait le lancement à Kourou du satellite Sentinel-2B, dont l’instrument principal avait été testé chez nous à Liège. Un instant fort en émotion, où l’on mesure pleinement l’utilité de notre travail.

Quelles sont les compétences non techniques nécessaires à votre profession ? Comment les avez-vous développées ?

Elles sont nombreuses. Avant tout, je mettrais en avant le respect : chacun, par ses talents, ses compétences et sa personnalité, contribue à l’ensemble, indépendamment de son diplôme. L’écoute est également essentielle. Enfin, dans le secteur spatial, la patience est indispensable : il s’agit de projets de longue haleine, souvent complexes, qui s’inscrivent sur la durée plutôt que dans l’urgence ou la production à court terme.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui envisage ce métier ?

Il est essentiel d’être passionné, d’avoir le goût de l’effort et de savoir accepter l’échec. Il faut aussi conserver en permanence la conviction qu’un résultat positif est possible, tout en faisant preuve d’une grande patience.

Selon vous, quels seront les plus grands défis auxquels une personne exerçant votre métier sera confrontée au cours des dix prochaines années ?

Les défis sont nombreux. La clé réside dans notre capacité à rester à la pointe de la technologie et de la science. Il est également essentiel de susciter des vocations chez les jeunes dans les filières STEM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques).